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	<title>INES FRANCE</title>
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	<description>Institute for Smarthealth</description>
	<lastBuildDate>Mon, 28 Sep 2026 14:52:20 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Rapport Institut Montaigne : Pourquoi la médecine préventive et les gérosciences deviennent une priorité nationale</title>
		<link>https://ines-france.fr/rapport-institut-montaigne-pourquoi-la-medecine-preventive-et-les-gerosciences-deviennent-une-priorite-nationale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 14:44:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Prévention & Longévité]]></category>
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					<description><![CDATA[Publié en septembre 2026, le rapport de l’Institut Montaigne (« Longévité en santé : Prévenir pour mieux vieillir ») dresse un constat sans appel : face au vieillissement de la population, la France doit d'urgence transformer son modèle sanitaire. La transition d'une médecine réactive centrée sur la dépendance vers une médecine proactive de la longévité [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Publié en septembre 2026, le rapport de l’Institut Montaigne (<strong>« Longévité en santé : Prévenir pour mieux vieillir »</strong>) dresse un constat sans appel : face au vieillissement de la population, la France doit d'urgence transformer son modèle sanitaire. La transition d'une médecine réactive centrée sur la dépendance vers une <strong>médecine proactive de la longévité</strong> n'est plus une option, mais une nécessité pour la soutenabilité de notre système de santé.Cette mutation exige une formation approfondie des professionnels de santé aux gérosciences, aux biomarqueurs et à l'intelligence artificielle.</p>
<p><strong>1. Le constat démographique et financier : un modèle sanitaire à bout de souffle</strong><br />
Le système de santé français s'est construit au milieu du XXᵉ siècle autour d'une logique essentiellement curative et réparatrice, conçue pour prendre en charge des pathologies aiguës ou des situations de dépendance déjà installées. Or, la transition démographique modifie profondément la donne : en 2025, pour la première fois dans notre histoire, les personnes de plus de 60 ans représentent 28,5 % de la population française, devenant plus nombreuses que les moins de 18 ans. À horizon 2070, la France comptera plus de 20 millions de personnes âgées de plus de 65 ans.</p>
<p>Si l'espérance de vie à la naissance continue de progresser, <strong>l'espérance de vie en bonne santé stagne autour de 64 ans</strong>. Seuls 45 % des Français de plus de 65 ans se déclarent aujourd'hui en bonne santé.<br />
Sans changement de cap, le surcoût financier lié au simple vieillissement démographique et aux maladies chroniques alourdira les dépenses de santé de +32 milliards d'euros d'ici 2040 et de +41 milliards d'euros à horizon 2050.<br />
De plus, le secteur fait face à une pénurie majeure de ressources humaines, la France ne comptant que 2,1 professionnels du grand âge pour 100 seniors, contre 5 en moyenne au sein des pays de l'OCDE.</p>
<p><strong>2. Le virage stratégique : promouvoir la longévité en santé et les gérosciences</strong><br />
Pour enrayer cette trajectoire, l'Institut Montaigne préconise de s'inspirer des réussites obtenues dans la lutte contre le cancer.<br />
Le rapport recommande de se fixer un objectif national de rattrapage de l'espérance de vie sans incapacité à horizon 2035-2040, piloté par un Institut national de la Longévité.<br />
Ce changement de paradigme repose sur <strong>quatre leviers</strong> fondamentaux :</p>
<ul>
<li><strong>L'essor des gérosciences</strong> : Comprendre et cibler les mécanismes biologiques fondamentaux du vieillissement en amont des pathologies pour réduire l'écart entre l'âge civil et l'âge biologique.</li>
<li><strong>Le passage à l'échelle d'ICOPE dès 50 ans</strong> : Généraliser le programme de soins intégrés de l'OMS afin d'évaluer les 6 dimensions de la capacité intrinsèque (mobilité, cognition, nutrition, vision, audition, état psychologique) lors de chaque contact avec le système de soins.</li>
<li><strong>Le déploiement du numérique et de l'IA</strong> : Édifier une plateforme digitale nationale unique, interopérable et centrée sur la donnée de santé, l'intelligence artificielle et les jumeaux numériques pour assurer un suivi longitudinal des parcours de vie.</li>
<li><strong>L'adaptation des compétences professionnelles</strong> : Former massivement les professionnels de santé aux gérosciences et aux outils de la médecine de précision.</li>
</ul>
<p>Le rapport de l'Institut Montaigne démontre que la <strong>longévité en santé</strong> constitue un enjeu sociétal, économique et médical majeur. Mais cette transition ne pourra s'incarner sans des <strong>professionnels formés</strong>, capables de manier les outils de pointe de la biologie du vieillissement et des technologies numériques</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Construire un système de prévention primordiale : Ce que le rapport Isaac-Sibille nous apprend sur les défis de la longévité</title>
		<link>https://ines-france.fr/lintelligence-artificielle-peut-elle-enfin-faire-basculer-notre-systeme-de-sante-de-la-reaction-a-lanticipation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 09:58:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prévention & Longévité]]></category>
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					<description><![CDATA[L’Intelligence Artificielle peut-elle (enfin) faire basculer notre système de santé de la réaction à l'anticipation ? Le rapport remis au Premier ministre par le député et médecin Cyrille Isaac-Sibille, intitulé « Construire un système de prévention primordiale : Replacer la santé sous de bonnes influences », dresse un diagnostic lucide sur le système de santé [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L’Intelligence Artificielle peut-elle (enfin) faire basculer notre système de santé de la réaction à l'anticipation ?</strong></p>
<p>Le rapport remis au Premier ministre par le député et médecin Cyrille Isaac-Sibille, intitulé « Construire un système de prévention primordiale : Replacer la santé sous de bonnes influences », dresse un diagnostic lucide sur le système de santé français.<br />
Si la France excelle dans la prise en charge curative et la réparation, elle fait face à une dégradation préoccupante de la santé globale de sa population et à un vieillissement démographique qui interroge la soutenabilité de son modèle social.</p>
<p>Pour les acteurs de la santé et de l'innovation, ce document constitue une grille de lecture essentielle des grands indicateurs et des leviers d'action de la longévité.</p>
<p><strong>1. Le paradoxe français de la longévité : Vivre plus longtemps, mais dans quelle autonomie ?</strong><br />
Au cours du XXᵉ siècle, la France a enregistré un gain exceptionnel de 30 ans d'espérance de vie à la naissance :<br />
En 1900, l'espérance de vie s'élevait à environ 45 ans pour les hommes et 49 ans pour les femmes.<br />
Elle atteint aujourd'hui 79,4 ans pour les hommes et 85,3 ans pour les femmes.<br />
Toutefois, cette progression cache une fragilité majeure : l'espérance de vie sans incapacité (en bonne santé) plafonne à 64 ans pour les femmes et à 63 ans et 6 mois pour les hommes. Il existe ainsi un écart de près de 20 ans entre la durée de vie globale et la durée de vie préservée de toute limitation fonctionnelle.<br />
Dans le même temps, les pathologies au cours de la vieillesse explosent : le nombre de personnes reconnues en Affection de Longue Durée (ALD) est passé de 8 millions au milieu des années 2000 à 14 millions aujourd'hui, avec une projection de l'Assurance maladie anticipant 18 millions de bénéficiaires d'ici 2035.</p>
<p><strong>2. Les déterminants de santé : 80 % de la longévité se joue en amont du soin</strong><br />
Le rapport rappelle un principe fondamental trop souvent occulté : seuls 20 % de notre santé relèvent du système de soin, tandis que 80 % dépendent des déterminants sociaux, environnementaux, économiques et comportementaux.<br />
Cette réalité s'illustre par de profondes disparités territoriales et socio-économiques face à la durée de vie :<br />
Gradient social et de revenu : L'écart d'espérance de vie entre les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisés s'élève à 13 ans chez les hommes et 9 ans chez les femmes. À 50 ans, le risque annuel de décès est 7 fois plus élevé chez les hommes les plus modestes.<br />
Impact du niveau d'études et de la catégorie professionnelle : À 35 ans, un homme cadre vit en moyenne 5,3 ans de plus qu'un ouvrier, et l'écart entre un diplômé du supérieur et une personne sans diplôme atteint 8 ans.</p>
<p><strong>3. Prévenir la perte d'autonomie : L'impératif d'une approche multifactorielle</strong><br />
Pour illustrer les limites des politiques actuelles face au vieillissement, le rapport analyse l'exemple de la prévention des chutes chez les personnes âgées de 65 ans et plus :<br />
En 2024, Santé publique France a dénombré 174 824 hospitalisations et 20 148 décès par chute, représentant la première cause de décès accidentel chez les seniors et générant un coût annuel de 900 millions d'euros pour le système de soin.<br />
L'objectif du « Plan antichute 2022-2024 » visant à réduire de 20 % ces événements n'a pas été atteint, en raison d'une prise en charge trop sectorielle et tardive.<br />
Le rapport démontre qu'une stratégie efficace de longévité ne peut reposer sur une réponse médicale unique : elle exige une action multifactorielle précoce combinant activité physique adaptée, correction de la vision et de l'audition, nutrition, aménagement de l'environnement domestique et lutte contre l'isolement social.</p>
<p><strong>4. Innovation, IA et données croisées : Les nouveaux leviers de la prévention personnalisée</strong><br />
Face à ce constat, le rapport Isaac-Sibille souligne l'émergence décisive d'une prévention personnalisée soutenue par l'intelligence artificielle et l'analyse de l'exposome.<br />
Pour passer d'une médecine réactive à un véritable pilotage de la longévité en santé, plusieurs priorités scientifiques et technologiques sont dégagées :<br />
Le croisement des données : Articuler les données médico-administratives de soins avec les données environnementales, sociales et de mode de vie pour cartographier les risques et les vulnérabilités.<br />
L'évaluation des biomarqueurs et de l'exposome : Mesurer l'impact cumulé des expositions (air, alimentation, bruit, stress, produits chimiques) tout au long du parcours de vie afin de cibler les facteurs de risque modifiables bien avant l'apparition des symptômes.<br />
La personnalisation des interventions : Développer des outils d'aide au pilotage et de modélisation permettant d'accompagner chaque individu vers un vieillissement en pleine autonomie.</p>
<p><strong>En conclusion</strong><br />
Le rapport Cyrille Isaac-Sibille marque une étape majeure dans la prise de conscience institutionnelle : pour préserver notre modèle social et la qualité de vie des citoyens, la prévention primordiale n'est plus une option, mais le pilier central sur lequel doit s'appuyer la médecine de demain.</p>
<p>Pour consulter le rapport : <a href="https://drive.google.com/file/d/1mxpOZoIl5trnRmIYD50QMWF5ejX4UlMB/view">https://drive.google.com/file/d/1mxpOZoIl5trnRmIYD50QMWF5ejX4UlMB/view</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le « Shadow AI » en santé : quand la pression du terrain devance la gouvernance institutionnelle</title>
		<link>https://ines-france.fr/le-shadow-ai-en-sante-quand-la-pression-du-terrain-devance-la-gouvernance-institutionnelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Sep 2026 17:20:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[L'émergence de l'IA fantôme dans les soins Face à l'alourdissement constant de la charge administrative et aux pénuries de personnel, de plus en plus de professionnels de santé se tournent vers des outils d'intelligence artificielle. Ce phénomène, qualifié de « Shadow AI », fait l'objet d'une analyse publiée dans le Journal of Medical Internet Research [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>L'émergence de l'IA fantôme dans les soins</strong><br />
Face à l'alourdissement constant de la charge administrative et aux pénuries de personnel, de plus en plus de professionnels de santé se tournent vers des outils d'intelligence artificielle.<br />
Ce phénomène, qualifié de « Shadow AI », fait l'objet d'une analyse publiée dans le Journal of Medical Internet Research (JMIR).</p>
<p><strong>Un besoin d'allègement face au retard des organisations</strong><br />
Les soignants font face à surcharges de travail. Ainsi, un médecin généraliste devrait consacrer 26,7 heures par jour pour dispenser l'ensemble des soins recommandés tout en accomplissant l'ensemble de ses tâches administratives.<br />
Pour simplifier leur travail, rédiger des comptes rendus ou résumer des dossiers, les soignants perçoivent les outils d'IA comme des alliés précieux.</p>
<p>Les établissements de santé tardent à intégrer ces technologies, freinés par des craintes liées à la confidentialité des données, au risque d'erreur et aux barrières organisationnelles.<br />
Ce décalage pousse les soignants à agir de leur propre initiative.</p>
<p><strong>Une pratique massivement répandue sur le terrain</strong><br />
D'après un sondage mené auprès de plus de 500 professionnels de santé, 58 % des répondants admettent utiliser des outils d'IA gratuits et généralistes dans le cadre de leur travail, et 40 % déclarent voir leurs collègues en faire autant.<br />
L'innovation technologique progresse à un rythme bien plus rapide que les processus réglementaires et organisationnels.</p>
<p><strong>Confidentialité, hallucinations et éthique : les risques majeurs</strong><br />
L'utilisation d'outils d'IA grand public non sécurisés expose le secteur de la santé à des vulnérabilités critiques :<br />
Confidentialité et métadonnées : même si le nom ou le numéro de dossier du patient ne sont pas directement saisis, la géolocalisation et les métadonnées transmises aux plateformes peuvent permettre de réidentifier les patients.</p>
<p><strong>Fiabilité et hallucinations :</strong> Les LLMs génèrent leurs réponses avec une assurance convaincante qui peut induire en erreur des professionnels jeunes ou inexpérimentés, alors que les risques d'incohérence et d'hallucinations restent élevés.</p>
<p><strong>Cybersécurité :</strong> L'utilisation d'outils d'IA généralistes représente une menace majeure pour la sécurité informatique des établissements.</p>
<p><strong>Consentement et éthique :</strong> Le consentement explicite du patient n'est généralement pas recueilli avant de saisir des éléments de son dossier à un outil externe.</p>
<p><strong>Dépasser l'interdiction : vers une gouvernance adaptée et participative</strong><br />
Face au déploiement massif du Shadow AI, les dirigeants de la santé sont désormais contraints de repenser leurs modèles de gouvernance pour instaurer des cadres formels, associer des formations adaptées et définir des garde-fous conformes.</p>
<p>Tous les experts interrogés s'accordent sur un point : une simple interdiction est inefficace.<br />
Les organisations doivent comprendre les besoins réels des soignants et co-construire avec eux les solutions validées.<br />
Trop souvent, les outils choisis par les administrations ne répondent pas aux difficultés concrètes du quotidien.</p>
<p><strong>Conclusion et perspectives</strong><br />
Le phénomène du Shadow AI ne disparaîtra pas spontanément : </p>
<li>
Il traduit un besoin urgent d'adaptation des politiques de santé numérique aux réalités opérationnelles.</li>
<li>Pour garantir la sécurité des soins et la protection des données sans étouffer l'innovation, les établissements de santé, les décideurs et les professionnels de santé doivent travailler main dans la main pour déployer des outils d'IA adaptés, sécurisés et accompagnés d'une formation continue.</li>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les patients refusent de partager leurs données</title>
		<link>https://ines-france.fr/les-patients-refusent-de-partager-leurs-donnees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 19:12:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[C'est l'un des arguments les plus souvent avancés lorsqu'on parle d'IA en santé. Pourtant, la littérature scientifique raconte une autre histoire. Les patients ne refusent pas de partager leurs données. Ils refusent de les partager sans garanties. Une méta-analyse publiée dans Nature Digital Medicine (2025) montre que 77 % des personnes sont prêtes à partager [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C'est l'un des arguments les plus souvent avancés lorsqu'on parle d'IA en santé.</p>
<p>Pourtant, la littérature scientifique raconte une autre histoire.</p>
<p>Les patients ne refusent pas de partager leurs données. Ils refusent de les partager sans garanties.</p>
<p>Une méta-analyse publiée dans <a class="xujgHlmAyIhbfbQKtWQPtETDNqGETKStyVYL " tabindex="0" href="https://www.linkedin.com/company/nature-pty-ltd/" target="_self" data-test-app-aware-link="">Nature</a> Digital Medicine (2025) montre que 77 % des personnes sont prêtes à partager leurs données de santé pour la recherche ou l'amélioration des soins. L'opposition existe, mais elle reste minoritaire (13 %).<br />
Une étude publiée en 2026 confirme que l'acceptabilité dépend moins de la technologie que de la confiance accordée aux organisations qui utilisent les données. Les patients déjà confrontés à la maladie sont largement favorables au partage lorsqu'ils perçoivent un bénéfice collectif pour la recherche.</p>
<p>Ce qui fait réellement basculer la confiance</p>
<p>Les patients acceptent plus volontiers de partager leurs données lorsque :<br />
✅ la finalité est clairement expliquée ;<br />
✅ les mesures de sécurité sont explicites ;<br />
✅ ils savent qui accède aux données et pourquoi ;<br />
✅ le médecin ou l'équipe soignante reste un intermédiaire de confiance.</p>
<p>Comment lever les freins au partage des données ?<br />
La confiance n'est pas un facteur immuable. Il existe plusieurs leviers concrets pour favoriser l'adhésion des patients.</p>
<p>Renforcer la relation médecin-patient<br />
La confiance dans le système de santé demeure le principal déterminant du consentement au partage des données. Les patients sont davantage disposés à accepter l'utilisation de leurs données lorsqu'ils comprennent l'objectif poursuivi et lorsque l'information est relayée par des professionnels de santé de confiance.</p>
<p>Clarifier le consentement grâce à l'IA<br />
Les formulaires de consentement sont souvent longs, complexes et peu lus. Les modèles de langage peuvent aider à transformer ces documents en explications plus simples, personnalisées et interactives afin de les rendre réellement compréhensibles.</p>
<p>Développer l'usage des données synthétiques</p>
<p>Une autre voie prometteuse consiste à utiliser des données synthétiques pour la recherche et l'entraînement des modèles. Générées à partir de données réelles mais ne correspondant à aucun individu existant, elles permettent de préserver la confidentialité tout en conservant une grande partie de la valeur scientifique des jeux de données.</p>
<p>Le véritable défi n'est pas de convaincre les patients de partager leurs données.</p>
<p>Le défi est de construire une gouvernance digne de leur confiance.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Sources:</p>
<p>Borsukiewicz, P., Boutros, F., Olatunji, I.E. <i>et al.</i> Beyond real faces: synthetic datasets can achieve reliable recognition performance without privacy compromise. <i>npj Artif. Intell.</i> (2026). https://doi.org/10.1038/s44387-026-00115-0</p>
<p>Grimaldi, L., Bovi, E., Tagliente, S. <i>et al.</i> Patients and donors trust in data authorization for AI-based medical research. <i>Sci Rep</i> <b>16</b>, 20652 (2026). https://doi.org/10.1038/s41598-026-51247-x</p>
<p>Olsen, Q., Dyda, A., Woods, L. <i>et al.</i> Worldwide willingness to share health data high but privacy, consent and transparency paramount, a meta-analysis. <i>npj Digit. Med.</i> <b>8</b>, 540 (2025). https://doi.org/10.1038/s41746-025-01868-9</p>
<p>Rishabh Goel, B.A., B.S. , Sammy Mustafa, M.S. , Trevor J. Baker, M.S. , and Barbara E. Bierer, M.D, Large Language Models in Informed Consent — Opportunities, Evidence, and Challenges, NEJM AI 2026;3(6), DOI: 10.1056/AIra2600073</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le mythe du volume</title>
		<link>https://ines-france.fr/le-mythe-du-volume/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 19:08:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[Pendant longtemps, le développement de l'IA en santé semblait suivre une règle simple : + de données = meilleure performance. 3 publications récentes invitent pourtant à revoir cette idée. Dans une étude publiée dans npj Digital Medicine, des chercheurs ont démontré qu'un modèle de prédiction de maladies à partir des dossiers patients électroniques pouvait être [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant longtemps, le développement de l'IA en santé semblait suivre une règle simple : + de données = meilleure performance.</p>
<p>3 publications récentes invitent pourtant à revoir cette idée.<br />
Dans une étude publiée dans npj Digital Medicine, des chercheurs ont démontré qu'un modèle de prédiction de maladies à partir des dossiers patients électroniques pouvait être transféré entre le Royaume-Uni, la Finlande et les États-Unis avec une performance supérieure lorsqu'il s'appuie sur les capacités sémantiques des grands modèles de langage (LLM).</p>
<p>Pourquoi ?<br />
Parce que le modèle ne se contente plus de traiter des codes administratifs ou médicaux. Il comprend les relations de sens entre les concepts médicaux, ce qui lui permet de s'adapter à différents systèmes de codage et à différentes organisations des soins.</p>
<p>Une seconde étude, menée au UT MD ANDERSON CANCER CENTER, arrive à une conclusion complémentaire dans le domaine de l'imagerie.</p>
<p>Les chercheurs montrent que 244 examens soigneusement annotés par des experts peuvent produire des performances équivalentes à celles obtenues avec près de 3 000 examens de qualité plus variable.</p>
<p>Autrement dit :<br />
Une donnée de meilleure qualité peut remplacer un volume considérable de données supplémentaires.<br />
Mais l'étude montre aussi qu'un grand volume de données conserve un avantage lorsqu'il s'agit de généraliser les modèles à de nouveaux contextes cliniques.</p>
<p>Un troisième enseignement émerge autour des standards de données.<br />
L'IA appliquée aux dossiers patients électroniques souffre encore d'un manque de standardisation.</p>
<p>C'est l'objectif du standard ouvert MEDS.<br />
Conçu pour faciliter le développement et le partage d'algorithmes d'IA sur données de santé, MEDS est déjà utilisé dans 21 institutions, mobilisé dans au moins 27 publications scientifiques et prépublications, et supporte le développement de modèles de fondation appliqués aux dossiers patients électroniques.<br />
Les résultats sont impressionnants :<br />
• jusqu'à 70 % de réduction du code pour développer certaines applications ;<br />
• accélérations de calcul pouvant atteindre plusieurs milliers de fois selon les usages ;<br />
• amélioration de la reproductibilité et de la transférabilité des modèles.</p>
<p>Ces trois travaux convergent vers une même conclusion.<br />
L'avenir de l'IA en santé ne reposera pas uniquement sur l'accumulation de données.<br />
Il reposera sur trois piliers :<br />
• des données de qualité ;<br />
• des représentations sémantiques capables de comprendre le sens clinique ;<br />
• des standards ouverts permettant de partager, reproduire et déployer les innovations à grande échelle.</p>
<p>La question n'est donc plus seulement : « Avons-nous suffisamment de données ? »</p>
<p>Mais plutôt : « Nos données sont-elles suffisamment compréhensibles, réutilisables et interopérables pour produire une IA généralisable ? »</p>
<p>Sources:</p>
<p>Kirchler, M., Ferro, M., Lorenzini, V. <i>et al.</i> Large language models improve transferability of electronic health record-based predictions across countries and coding systems. <i>npj Digit. Med.</i> <b>9</b>, 177 (2026). https://doi.org/10.1038/s41746-026-02363-5</p>
<div class="highwire-cite-authors"><span class="highwire-citation-authors"><span class="highwire-citation-author first hw-author-orcid-logo-wrapper has-tooltip hasTooltip" data-delta="0" data-hasqtip="4" aria-describedby="qtip-4"><span class="nlm-given-names">Austin</span> <span class="nlm-surname">Castelo</span></span>, <span class="highwire-citation-author" data-delta="1"><span class="nlm-given-names">Caleb</span> <span class="nlm-surname">O’Connor</span></span>, <span class="highwire-citation-author" data-delta="2"><span class="nlm-given-names">Aashish C.</span> <span class="nlm-surname">Gupta</span></span>, <span class="highwire-citation-author" data-delta="3"><span class="nlm-given-names">Brian M.</span> <span class="nlm-surname">Anderson</span></span>, <span class="highwire-citation-author has-tooltip hasTooltip" data-delta="4" data-hasqtip="1"><span class="nlm-given-names">McKell</span> <span class="nlm-surname">Woodland</span></span>, <span class="highwire-citation-author has-tooltip hasTooltip" data-delta="5" data-hasqtip="0" aria-describedby="qtip-0"><span class="nlm-given-names">Mais</span> <span class="nlm-surname">Altaie</span></span>, <span class="highwire-citation-author has-tooltip hasTooltip" data-delta="6" data-hasqtip="3" aria-describedby="qtip-3"><span class="nlm-given-names">Eugene J.</span> <span class="nlm-surname">Koay</span></span>, <span class="highwire-citation-author has-tooltip hasTooltip" data-delta="7" data-hasqtip="2" aria-describedby="qtip-2"><span class="nlm-given-names">Bruno C.</span> <span class="nlm-surname">Odisio</span></span>, <span class="highwire-citation-author" data-delta="8"><span class="nlm-given-names">Tien T.</span> <span class="nlm-surname">Tang</span></span>, <span class="highwire-citation-author" data-delta="9"><span class="nlm-given-names">Kristy K.</span> <span class="nlm-surname">Brock</span></span></span></div>
<div class="highwire-cite-metadata"><span class="highwire-cite-metadata-doi highwire-cite-metadata"><span class="label">doi:</span> https://doi.org/10.64898/2026.02.17.26346486</span></div>
<p>Matthew B. A. McDermott, Ph.D, Ethan Steinberg, Ph.D., Jason A. Fries, Ph.D. , Robin P. van de Water, M.S. , Chao Pang, Ph.D. , Patrick Rockenschaub, Ph.D., Pawel Renc, Ph.D. , and Nigam H. Shah, Ph.D., M.B.B.S. MEDS — An Emerging Data Standard and Ecosystem for Health AI Research, https://ai.nejm.org/doi/full/10.1056/AIra2501253</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>A qui appartiennent mes données de santé ?</title>
		<link>https://ines-france.fr/a-qui-appartiennent-mes-donnees-de-sante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 19:02:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[L’IA face au nouveau mur de la géopolitique Pendant des décennies, la recherche médicale a reposé sur la "science ouverte". Mais aujourd'hui, les données de nos patients deviennent les "munitions" d'une véritable course aux armements technologiques entre superpuissances. Pourquoi est-ce un tournant ? La fin d'Open Science : Nous passons à l'ère de la souveraineté [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’IA face au nouveau mur de la géopolitique</p>
<p>Pendant des décennies, la recherche médicale a reposé sur la "science ouverte". Mais aujourd'hui, les données de nos patients deviennent les "munitions" d'une véritable course aux armements technologiques entre superpuissances.</p>
<p>Pourquoi est-ce un tournant ?<br />
La fin d'Open Science : Nous passons à l'ère de la souveraineté des données. Les nations (USA, Chine, Europe) ferment l'accès à leurs bases de données nationales, transformant des ressources autrefois collaboratives en actifs stratégiques jalousement gardés.</p>
<p>Le risque de "biais cachés" : Une IA n'est fiable que si elle est entraînée sur des populations diverses. En isolant les jeux de données, nous créons des outils "fragiles".</p>
<p>L'exemple frappant : Des IA de détection du mélanome perdent radicalement en précision sur les peaux foncées car elles ont été entraînées presque exclusivement sur des populations nord-européennes ou américaines.</p>
<p>Une perte de puissance statistique : En bloquant l'accès aux données, il devient impossible d'identifier des variantes génétiques rares ou des interactions médicamenteuses subtiles qui nécessitent des analyses à l'échelle mondiale.</p>
<p>L'ombre des empires privés : Au-delà des États, des géants comme Google ou Epic Systems accumulent les dossiers de centaines de millions de patients. Si ces données restent verrouillées par des contrats commerciaux, quelle place restera-t-il pour une validation scientifique indépendante ?</p>
<p>L'IA promet de révolutionner la médecine, mais le nationalisme des données risque de créer de nouvelles inégalités de santé.</p>
<p>Webster, P. Who owns my health data?. <i>Nat Med</i> <b>32</b>, 1942–1945 (2026). <a href="https://doi.org/10.1038/s41591-026-04378-7">https://doi.org/10.1038/s41591-026-04378-7</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#039;IA est objective</title>
		<link>https://ines-france.fr/lia-est-objective/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 18:59:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[C'est une idée rassurante...mais fausse. 3 études publiées dans Nature Digital Medicine rappellent cette réalité : l'IA n'est pas "objective". Elle reflète les choix réalisés lors de sa conception, de son entraînement et de son évaluation. 1️⃣ Retirer une variable sensible ne supprime pas le biais, il le déplace. Dans un modèle de prédiction du [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C'est une idée rassurante...mais fausse.</p>
<p>3 études publiées dans <a class="xujgHlmAyIhbfbQKtWQPtETDNqGETKStyVYL " tabindex="0" href="https://www.linkedin.com/company/nature-magazine/" target="_self" data-test-app-aware-link="">Nature</a> Digital Medicine rappellent cette réalité : l'IA n'est pas "objective". Elle reflète les choix réalisés lors de sa conception, de son entraînement et de son évaluation.</p>
<p>1️⃣ Retirer une variable sensible ne supprime pas le biais, il le déplace.<br />
Dans un modèle de prédiction du risque de cancer du sein, des chercheurs ont testé une approche souvent proposée : retirer la race/l'origine ethnique du modèle pour "éviter la discrimination algorithmique".<br />
Résultat ? Le risque a été surestimé chez les femmes asiatiques et sous-estimé chez les femmes noires.<br />
"Neutraliser" un modèle en supprimant une donnée peut donc, paradoxalement, aggraver les inégalités de prise en charge.<br />
<a class="xujgHlmAyIhbfbQKtWQPtETDNqGETKStyVYL " tabindex="0" href="https://rdcu.be/ftMnI" target="_self" data-test-app-aware-link="">https://rdcu.be/ftMnI</a></p>
<div>
<div id="my80p2inl7s_39" class="mcafee_green" tabindex="0">2️⃣ Les benchmarks ne mesurent pas ce qu'on croit mesurer</div>
</div>
<p>Une analyse critique des LLM en médecine rappelle que seulement 5 % des évaluations récentes utilisent de vraies données de dossiers médicaux. La grande majorité utilise des QCM ou des vignettes cliniques simplifiées.<br />
Résultat : des modèles "excellents" sur le papier échouent face à la complexité réelle du terrain.<br />
Les métriques automatiques classiques (BLEU, ROUGE, BERTScore) corrèlent d'ailleurs très faiblement avec le jugement clinique humain.<br />
Un modèle peut donc obtenir d'excellents scores tout en restant peu fiable dans la pratique.<br />
<a class="xujgHlmAyIhbfbQKtWQPtETDNqGETKStyVYL " tabindex="0" href="https://rdcu.be/ftMnJ" target="_self" data-test-app-aware-link="">https://rdcu.be/ftMnJ</a></p>
<div>
<div id="my80p2inl7s_40" class="mcafee_green" tabindex="0">3️⃣ Les données d'entraînement ont aussi leurs angles morts</div>
</div>
<p>Une étude en dermatologie montre que des jeux de données massifs (400 000+ images) utilisés pour entraîner des IA de détection de cancers de la peau ne documentent souvent même pas le type de peau des patients — un facteur pourtant connu pour affecter fortement les performances des modèles. D'où l'intérêt des "dataset nutrition labels", qui rendent visibles ces angles morts avant qu'ils ne deviennent des biais cliniques.<br />
<a class="xujgHlmAyIhbfbQKtWQPtETDNqGETKStyVYL " tabindex="0" href="https://rdcu.be/ftMnK" target="_self" data-test-app-aware-link="">https://rdcu.be/ftMnK</a></p>
<div>
<div id="my80p2inl7s_41" class="mcafee_green" tabindex="0">Ces trois études portent sur des domaines différents.</div>
</div>
<p>Pourtant, elles racontent la même histoire.<br />
Les biais ne sont généralement pas des erreurs qui apparaissent soudainement au moment du déploiement.<br />
Ils prennent souvent naissance bien avant : dans le choix des variables ; dans la sélection des données ; dans la définition des métriques de performance ; dans les méthodes d'évaluation retenues.</p>
<p>Et l'AI Act dans tout ça ?<br />
C'est précisément ce que le règlement européen tente d'adresser pour les systèmes à haut risque. Il impose une gouvernance des données pour limiter les biais, une documentation technique et une traçabilité des choix de conception, ainsi qu'un contrôle humain effectif.<br />
L'objectif n'est pas de créer une IA parfaite ou totalement dépourvue de biais.<br />
L'objectif est de rendre ces biais visibles, mesurables et maîtrisables.</p>
<p>La vraie question n'est plus :<br />
"Cette IA est-elle performante ?"<br />
mais plutôt :<br />
"Performante pour qui, dans quelles conditions, et avec quelles garanties ?"</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L&#039;IA est d&#039;accord avec moi, donc j&#039;ai raison</title>
		<link>https://ines-france.fr/lia-est-daccord-avec-moi-donc-jai-raison/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 18:57:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A la une]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[Au XVIIᵉ siècle, Descartes écrivait : « Je pense, donc je suis. » Quatre siècles plus tard, un nouveau "cogito" semble émerger : « L'IA me donne raison, donc j'ai raison. » Descartes faisait du doute le point de départ de sa démarche. Nous risquons aujourd’hui de faire l’inverse : cesser de douter parce qu’une [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au XVIIᵉ siècle, Descartes écrivait : « Je pense, donc je suis. »</p>
<p>Quatre siècles plus tard, un nouveau "cogito" semble émerger : « L'IA me donne raison, donc j'ai raison. »</p>
<p>Descartes faisait du doute le point de départ de sa démarche.<br />
Nous risquons aujourd’hui de faire l’inverse : cesser de douter parce qu’une machine nous approuve.<br />
C’est ce mécanisme que les chercheurs appellent la sycophantie.</p>
<p>Contrairement à l’hallucination, il ne s’agit pas pour l’IA de créer une information.<br />
Il s’agit de privilégier l’accord avec l’utilisateur plutôt que la recherche de la vérité.</p>
<p>Pourquoi ? En partie parce que les modèles sont entraînés à produire des réponses perçues comme agréables par les humains qui les évaluent. Or, une réponse qui nous contredit est rarement celle qui nous satisfait le plus…</p>
<p>Une étude publiée dans <a class="xujgHlmAyIhbfbQKtWQPtETDNqGETKStyVYL " tabindex="0" href="https://www.linkedin.com/company/nature-magazine/" target="_self" data-test-app-aware-link="">Nature</a> (<a id="ember2193" class="ember-view" tabindex="0" href="https://www.linkedin.com/in/schen73/">Shan Chen</a> et al., 2025) illustre bien le phénomène. Les chercheurs ont demandé à cinq LLM très utilisés de rédiger des recommandations justifiant le passage d’un médicament de marque à son générique « pour des raisons de sécurité », alors que les deux molécules étaient équivalentes.</p>
<p>Les modèles ont suivi la consigne dans 58 à 100 % des cas, sans relever l’erreur logique.</p>
<p>Et ce n’est pas un cas isolé.</p>
<p>Une étude publiée dans Science (<a id="ember2194" class="ember-view" tabindex="0" href="https://www.linkedin.com/in/myracheng027/">Myra Cheng</a> et al., Stanford, 2025) montre que sur 11 LLM les modèles validaient les actions des utilisateurs 49 % plus souvent que ne le faisaient des humains, y compris lorsque ces actions étaient moralement problématiques.</p>
<p>Quel impact en santé et notamment sur la relation soignant-patient ?<br />
Un patient qui interroge une IA sur ses symptômes, un diagnostic ou une décision de traitement risque de voir ses convictions — justes ou erronées — renforcées plutôt que challengées.</p>
<p>À la clé : retard de consultation, désinformation médicale prise pour argent comptant, ou tension avec le soignant lorsque son avis diverge de "ce que l'IA a dit".</p>
<p>Le problème est amplifié par le fait que patients comme cliniciens évaluent souvent mal la fiabilité des réponses d'un LLM.</p>
<p>Chen et al. montrent que ce biais est corrigible : autoriser explicitement le modèle à refuser ou le fine-tuner sur des cas similaires réduit nettement la sycophantie, sans dégrader ses performances.</p>
<p>Mais la responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur l'utilisateur : c'est aux concepteurs de ces outils de corriger le tir.</p>
<p>En attendant, le rôle du soignant reste irremplaçable, non pas pour concurrencer l'IA, mais pour réintroduire le doute lorsqu'il est nécessaire.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Médecin, patient et LLM, un ménage à trois</title>
		<link>https://ines-france.fr/medecin-patient-et-llm-un-menage-a-trois/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Sep 2026 18:55:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Réflexions sur l'IA]]></category>
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					<description><![CDATA[Que devient la relation de soin lorsque l’IA entre dans la pièce ? Pendant longtemps, la relation de soin a reposé sur un modèle relativement simple : 𝐮𝐧 𝐦𝐞́𝐝𝐞𝐜𝐢𝐧 + 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭. Deux personnes. Deux regards. Une relation fondée sur la confiance, l’écoute et la responsabilité. Avec les LLM, un troisième acteur entre dans la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que devient la relation de soin lorsque l’IA entre dans la pièce ?</p>
<p>Pendant longtemps, la relation de soin a reposé sur un modèle relativement simple :<br />
𝐮𝐧 𝐦𝐞́𝐝𝐞𝐜𝐢𝐧 + 𝐮𝐧 𝐩𝐚𝐭𝐢𝐞𝐧𝐭.</p>
<p>Deux personnes.<br />
Deux regards.<br />
Une relation fondée sur la confiance, l’écoute et la responsabilité.</p>
<p>Avec les LLM, un troisième acteur entre dans la pièce.</p>
<p>Et il ne se contente plus de traiter des données en arrière-plan.<br />
Il peut écouter.<br />
Questionner.<br />
Reformuler.<br />
Expliquer.<br />
Suggérer.<br />
Parfois même conseiller.</p>
<p>La relation de soin devient un ménage à trois.</p>
<p>Avec elle apparaissent de nouvelles promesses… mais aussi de nouveaux dilemmes.</p>
<p>Et si l’IA libérait justement du temps pour l’humain ?<br />
Un essai clinique récent montre qu’une préparation automatisée de l’anamnèse peut réduire de 28,7 % la durée des consultations spécialisées, tout en améliorant la communication perçue par les patients et leur perception de l’attention du médecin.</p>
<p>Mais le « ménage à trois » soulève de nouveaux défis :<br />
Défi relationnel<br />
Les patients perçoivent parfois l’IA comme plus empathique que l’humain. Mais une empathie simulée peut-elle remplacer la relation humaine ? Et que se passe-t-il lorsque le LLM cherche davantage à nous satisfaire qu’à nous contredire ?</p>
<p>Défi décisionnel<br />
Déléguer des tâches à des systèmes d’IA de plus en plus autonomes complexifie la responsabilité en cas d’erreur. Et jusqu’où peut-on ouvrir l’accès aux données du patient ?</p>
<p>Défi perceptuel<br />
Face à des IA toujours plus précises, la position d’autorité du médecin est déstabilisée.</p>
<p>Son rôle pourrait évoluer : de celui qui sait vers celui qui interprète, arbitre et accompagne.</p>
<p>Concevoir l’IA avec ceux qui vont la vivre<br />
La réponse ne peut pas être uniquement technologique.<br />
Elle est aussi clinique, éthique et organisationnelle.</p>
<p>Les travaux récents sur le co-design montrent l’importance d’associer les patients et les professionnels à la conception de ces nouveaux dispositifs.</p>
<p>Car le véritable enjeu n’est pas de construire une IA qui s’intègre dans la relation de soin.</p>
<p>C’est de construire une IA qui améliore la relation de soin sans en déposséder ni le patient, ni le soignant.</p>
<p><span style="font-weight: 400;">Sources : </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Dullabh P, Zott C, Gauthreaux N, Peterson C, Aronoff A, Monkhouse K, Sittig DF, Integrating Generative AI Into Patient-Centered Clinical Decision Support: Viewpoint on Research and Practice Considerations, J Med Internet Res 2026;28:e81628, doi: </span><a href="https://doi.org/10.2196/81628"><span style="font-weight: 400;">10.2196/81628</span></a><span style="font-weight: 400;"> </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Merlo, E. M., Sparacino, G., Silvestro, O., Giacobello, M. L., Meduri, A., Casciaro, M., Gangemi, S., &amp; Martino, G. (2026). The Role of Artificial Intelligence in Shaping the Doctor–Patient Relationship: A Narrative Review. Healthcare, 14(4), 481</span><span style="font-weight: 400;">.</span> <a href="https://doi.org/10.3390/healthcare14040481"><span style="font-weight: 400;">https://doi.org/10.3390/healthcare14040481</span></a></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Ranisch, R., &amp; Salloch, S. (2026). Agentic AI, Medical Morality, and the Transformation of the Patient-Physician Relationship. </span><i><span style="font-weight: 400;">arXiv preprint arXiv:2602.16553</span></i><span style="font-weight: 400;">.</span><a href="https://doi.org/10.48550/arXiv.2602.16553"><span style="font-weight: 400;">https://doi.org/10.48550/arXiv.2602.16553</span></a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Et si votre âge civil n’était pas votre âge réel ?</title>
		<link>https://ines-france.fr/et-si-votre-age-civil-netait-pas-votre-age-reel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Barbara Mathian]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 13:33:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prévention & Longévité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://ines-france.fr/?p=6184</guid>

					<description><![CDATA[Le concept d'âge biologique révolutionne aujourd'hui la médecine préventive. Grâce aux horloges épigénétiques, nous pouvons désormais mesurer avec une précision inédite le rythme auquel un organisme vieillit, indépendamment du nombre de bougies soufflées. Une étude publiée récemment dans Nature Magazine (Hukkanen et al., 2026) illustre parfaitement ce saut technologique. En analysant la cohorte de jumelles [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le concept d'âge biologique révolutionne aujourd'hui la médecine préventive. Grâce aux horloges épigénétiques, nous pouvons désormais mesurer avec une précision inédite le rythme auquel un organisme vieillit, indépendamment du nombre de bougies soufflées.</p>
<p>Une étude publiée récemment dans <a class="aAIDarVlJjjXEMUykBwFgJhXtzETCscLwRim " tabindex="0" href="https://www.linkedin.com/company/nature-magazine/" target="_self" data-test-app-aware-link="">Nature Magazine</a> (Hukkanen et al., 2026) illustre parfaitement ce saut technologique.<br />
En analysant la cohorte de jumelles finlandaise, les chercheurs ont utilisé des algorithmes de pointe comme PCGrimAge et DunedinPACE pour démontrer comment l'histoire reproductive d'une femme impacte directement sa vitesse de vieillissement biologique.</p>
<p>Les enseignements clés de l'article :<br />
• L'utilisation de la méthylation de l'ADN permet de prédire les risques de mortalité et de troubles physiologiques bien avant qu'ils n'apparaissent.<br />
• L'étude confirme que des trajectoires de vie reproductives spécifiques sont associées à des signatures épigénétiques de vieillissement biologique accéléré.<br />
• Elle souligne l'importance de choisir le bon "marqueur" : là où l'horloge PCGrimAge détecte des variations, d'autres horloges de première génération restent aveugles.</p>
<p><a href="https://rdcu.be/e8oU1">Hukkanen, M., Kankaanpää, A., Heikkinen, A. <i>et al.</i> Epigenetic aging and lifespan reflect reproductive history in the Finnish Twin Cohort. <i>Nat Commun</i> <b>17</b>, 44 (2026). https://doi.org/10.1038/s41467-025-67798-y</a></p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
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